Louer une voiture
Sachez que pour louer une voiture aux Etats-Unis, vous devez avoir 21 ans, voir 25 dans certains états.
Vous avez deux possibilités:
• Louer votre voiture pour une courte durée, c'est en général la solution que de nombreux Français choisissent en arrivant. Vous pouvez obtenir des prix très compétitifs sur en comparant nos tarifs de location de voitures aux USA.
Vous pouvez également faire appel aux loueurs de location traditionnels pour votre location de voitures aux USA.
• Louer votre voiture pour une longue durée, qui est une solution économique souvent lorsque l'on est amené à faire beaucoup de kilomètres mais qui peut se révéler coûteuse. En général, cette solution sera possible une fois que vous aurez passé quelques années aux Etats-Unis, puisque vous avez besoin dans ce cas d'avoir un bon "credit history", qui débute à partir de votre installation dans ce pays (rien ne servira de montrer vos relevés bancaires français, dans ce domaine, ce n'est pas la confiance qui règne!).
Acheter votre voiture
Acheter une voiture n'est pas une mince affaire. Si vous achetez une voiture neuve, vous ne prenez aucun "risque" mais c'est la solution la plus chère.
Si vous achetez une voiture d'occasion, attention, lisez l'expérience d'un Français aux USA...
Pour avoir une idée des prix et obtenir des devis gratuitement, vous pouvez consulter le site d'Autobytel où vous pouvez choisir parmi les milliers de modèles de voitures qui existent et un concessionnaire proche de chez vous.
Quel permis de conduire aux Etats-Unis ?
Si vous restez moins de 3 mois aux Etats-Unis, votre permis français de plus d'un an vous suffira pour être en règle dans tous les états, le permis de conduire international n'étant pas obligatoire.
Passer votre permis
Dès lors que votre temps de séjour dépasse 3 mois, le permis de conduire français ne suffit plus et il devient obligatoire de passer le permis de conduire de l'Etat où vous résidez. Pour passer votre permis de conduire, vous devez avoir un numéro de social security.
Puis, il faudra vous rendre dans le Department of Motor Vehicles (DMV) le plus proche de chez vous pour vous faire enregistrer pour passer le code de la route puis l'examen de conduite avec un inspecteur.
Nous avons compulsé des informations très détaillées dans Kit'Expat, un guide pratique indispensable pour bien démarrer votre nouvelle vie aux Etats-Unis. Vous pouvez obtenir des informations supplémentaires à l’American Automobile Association (AAA ou triple A) ainsi qu'à l'American Motorcyclist Association. Pour en savoir plus.
Seul peut-être dans quelques villes comme New York la voiture peut être accessoire puisque les transports en commun fonctionnent bien, même s’ils sont à éviter dans certains quartiers pour des raisons de sécurité... De plus, les taxis sont très nombreux et le parking est une vraie galère...
Mais vous vous vous rendrez vite compte qu’une voiture est indispensable dans ce pays aux immenses étendues !
En général, vous commencerez par louer votre voiture, le temps de vous trouver un logement, de faire toutes vos démarches administratives et d’acheter une voiture.
Les coûts d'une voiture
Les coûts liés à l'entretien d'une voiture sont relativement bas aux Etats-Unis. Ainsi, l’essence, moins taxée, est très peu chère (comptez environ 50 cents le litre. Les prix sont donnés en gallon, pour obtenir des litres à partir des gallons, il faut multiplier par 3,785).
Si vous avez un "history" aux USA c'est à dire notre équivalent de bonus, l’assurance auto peut être moins onéreuse mais vérifiez bien les garanties de votre contrat ainsi que ses exclusions notamment en matière de responsabilité civile : un procès est si vite arrivé dans ce pays même pour un simple accrochage…
Cependant pour les nouveaux arrivés ou ceux avec un "Malus" élevé, l'assurance auto peut se révéler être un gouffre financier!
A Houston, comme dans la plupart des grandes villes américaines, on ne peut rien faire sans un véhicule personnel. La ville est pensée pour vivre avec une voiture. Il n'y pas de trottoirs, pas de métro (mais quelques bus), et les distances à parcourir sont souvent importantes (on prend l'autoroute presque à chaque trajet). La voiture est donc absolument indispensable, et je dois en trouver une avant demain. J'ai donc rendu ma voiture de location, et suis allé me présenter à mon nouveau travail. Je ne vous l'avais pas encore dit, mais je vais bosser dans le département financier d'une petite entreprise française d'informatique. Après une courte intégration, et en parlant avec mes nouveaux collègues, j'ai tiré les conclusions suivantes quant aux prix et moyens d'acquérir une voiture à Houston. Il y a plusieurs éléments à prendre en compte. En voici une synthèse qui je l'espère, pourra vous être utile :
Tout d'abord, il faut trouver une voiture climatisée. Cela ne pose pas de problèmes car elles le sont pratiquement toutes. Il faut simplement s'assurer qu'elle fonctionne bien, car avec les 40 degrés à l'ombre annoncés tout l'été cet équipement n'est plus une question de confort.
Ensuite je veux acheter une voiture qui soit fiable (évidemment). Je n'ai aucune envie que le moteur me lâche sur la cinquième voie du Freeway. Sur ces routes, c'est un peu comme dans le film "Mad Max". La plus grosse voiture gagne la priorité, et celle qui tombe en panne peut perdre gros (Il n'a pas de voie d'arrêt d'urgence). En plus, je souhaite limiter les arrêts chez les garagistes (qui ne sont pas plus honnêtes que chez nous)… Il ne faut pas oublier que le véhicule va beaucoup rouler, d'autant plus si vous souhaitez voir du pays.
En fonction de vos besoins vous pouvez viser l'une de ces trois catégories :
Catégorie 1 : Entre 2000 et 3000 dollars, ont peut trouver une voiture "épave" (veille, état moyen, et kilométrage très élevé). Cela peut être une bonne affaire, mais mieux vaut s'y connaître en mécanique (ce qui n'est pas mon cas). Ce type d'achat conviendrait très bien pour des séjours de moyenne durée (de trois mois à un an).
Catégorie 2 : Entre 3000 et 6000 dollars on doit pouvoir trouver une auto fiable. Pas trop ancienne, avec un kilométrage raisonnable). C'est pour moi le meilleur compromis pour un séjour supérieur à un an. C'est bien sûr un investissement important au début, mais si en choisissant habilement son modèle et en évitant les accidents, alors on peut espérer récupérer une bonne partie de son capital, (voir la totalité), à la revente.
Catégorie 3 : A partir de 6000 dollars et plus, ont peut trouver une occasion pratiquement neuve. Dans ce cas pas de soucis : c'est plus cher mais sans risque. Si vous avez les moyens allez-y, parce que le la voiture ici : c'est la vie !
Je vise la catégorie deux. Enfin, plus exactement, je vise même une catégorie trois au prix d'une catégorie deux. Sait-on jamais… On peut rêver, non ?
Maintenant que vous connaissez votre budget, il reste à savoir où le dépenser. Pour cela, vous avez deux solutions. Ou vous achetez à un particulier, ou vous allez chez un car dealer. Moi je vous conseille de prendre cela un peu comme un jeu :
Si vous allez chez un car dealer, vous trouverez une voiture qui vous plaira sûrement, mais vous la payerez à coup sûr très cher. Les vendeurs de voitures au Texas sont les meilleurs du monde. Leurs concessions présentent plusieurs centaines, voir milliers de véhicules, et ils ne vous lâcheront pas.
Si vous achetez votre voiture à un particulier, c'est beaucoup plus risqué, mais c'est aussi un bon moyen de faire une affaire. Vous pouvez essayer les petites annonces, ou les connaissances... Attention, car on peut vous refiler tout et n'importe quoi. Il faut rester vigilant et prendre certaines précautions.
Je disais de prendre cela comme un jeu, car je crois qu'il faut tenter la bonne affaire. De toute façon, si cela ne fonctionne pas, l'on pourra toujours passer par la case "Car Dealer", et résoudre le problème immédiatement… Je veux tenter le coup, j'ai deux pistes : Un collègue qui vend sa voiture, et la page petites annonces du canard local.
Pour le collègue, je trouve le deal trop cher. Il est clair qu'il sait que je n'ai pas le choix, et qu'il me faut une voiture avant demain…
J'épluche donc les petites annonces. Il y en des centaines, et j'en sélectionne rapidement rien qu'en regardant les prix (je vous assure que cela restreint la liste très vite). Après vingt minutes, j'en garde une (de toute façon, je n'ai pas le temps d'aller essayer plusieurs voitures). Je vais appeler le gars, et si cela ne marche pas, j'irai chez le car dealer (mais au moins j'aurais tenté ma chance)….
Choisir une voiture
L'affaire paraît trop belle : Une Chrysler Neon de 1999 avec 14 000 miles. Moteur 2 litres 16 soupapes, CD, toit ouvrant… (j'ai pitié de vous, alors je passe les détails techniques). Pour moi qui roulais en Renault onze "Brodway", c'est inespéré. Le prix de vente n'est que de 5800 dollars, alors que la cotation de l'argus (consulté sur Internet) en affiche 11000. Pas besoin de sortir de polytechnique pour se dire qu'il y a quelque chose qui cloche… J'essaye de cuisiner comme je peux mon interlocuteur au téléphone, mais le vocabulaire et la facilité d'expression en anglais me font défaut pour être efficace. Nous prenons donc rendez-vous, pour l'après midi. Un collègue sympa, et féru de mécanique, accepte gentiment de m'accompagner.
Les Etats Unis sont un pays où l'on vous fait vraiment confiance pour un certain nombre de choses. C'est une sensation parfois surprenante pour un Français, mais c'est vraiment agréable. Le propriétaire me donne les clés de sa voiture, et me laisse partir avec pour l'essayer (sans même me demander si j'ai mon permis…). Xavier, le mécano, l'inspecte. Pour lui, même si la mécanique est impeccable, il est clair que cette voiture à été accidentée. La porte arrière droite a été remplacée, mais le reste du châssis ne semble pas avoir souffert. Au final, cela n'a rien de préoccupant.
Je retourne voir le propriétaire et lui demande de me présenter la carte grise (le Title). C'est très important de bien observer ce document. Il vous permet de vérifier l'identité du propriétaire, et si la voiture a fait l'objet d'importantes réparations. Dans ce cas vous lirez des mentions du type "REBUILT", "SALVAGE" etc… C'est le cas pour ma Neon, ce qui confirme les observations de Xavier.
Elle me plait bien cette voiture. Je me dis que toute façon, pour le même prix j'aurais une bouse chez le car dealer (mais avec une garantie de trois jours!!).
On passe à la phase de négociation. En fonction des nouveaux éléments, on se met d'accord pour un prix de 5000 dollars (cela prend quand même dix minutes). A ce prix la, c'est vraiment une bonne affaire, mais je prends un risque. Celui de devoir éventuellement payer des réparations en supplément (a prévoir dans le budget). Je vérifie l'identité du vendeur avec les mentions de la carte grise, et l'on se donne rendez-vous le lendemain midi pour procéder à la transaction.
Pourquoi demain !? Car aujourd'hui, je n'ai pas le moindre dollar à lui donner. Mon compte bancaire aux USA est vide, et le transfert que j'ai demandé (le virement Swift est ce qui l'y a de plus rapide), n'arrivera que dans quelques jours. Je demande donc a mon employeur une avance (qu'il accepte gentiment), avant de la convertir en cash au guichet de ma banque… Maintenant, j'ai des dollars pleins les poches et ne suis qu'à moitié à l'aise.
Payer sa voiture
Après avoir pensé à cette auto toute la nuit, je retrouve mon vendeur et lui demande de m'accompagner chez un assureur qui veuille bien de mon permis international (ce qui ne court pas les rues). En effet, ce dernier a les moyens de contrôler que tous les aspects juridiques de la voiture sont bien en règle (qu'elle ne soit pas volée, qu'elle puisse juridiquement rouler etc.…). Je vous conseille de prendre cette précaution, et même si votre vendeur n'est pas trop chaud, c'est un bon moyen pour vous d'éliminer certains risques. Si l'on vous vend une voiture qui n'est pas assurable, vous aurez tout perdu.
Une fois ce détail réglé, il me reste à payer ce monsieur. Nous remplissons une feuille officialisant la transaction, et complétons le verso du "Title" (c'est la carte grise de la voiture). Ces étapes sont décisives. Si vous ne faites pas confiance a votre vendeur, je vous conseille vivement de vous faire assister par un anglophone les ayant déjà vécues. C'est essentiel, car s'il manque des informations, vous ne pourrez pas enregistrer la voiture à votre nom…
Enfin, je sors les dollars. 5 000 dollars en billet de 20 (la banque n'avait pas de grosses coupures)… La scène paraît tout droit sortie d'un film de série B. Le type recompte ses sous, en faisant des petits tas de dix. Il y a une montagne de billets sur la table. Son fils (il avait emmené son petit garçon de deux ans) courait autour de la table en braillant.
Et là, je regarde passivement cette scène, je ferme à demi les yeux, et me dis : Ca y est mon vieux : "Welcome in Texas".
Bon. J'ai une voiture j'ai un logement, je pense que le plus dur est fait. Je me sens quand même soulagé et suis prêt à commencer une vie "normale".
C'est vrai quoi, depuis que je suis arrivé j'ai passé mon temps dans des centres commerciaux pour me meubler un minimum. Si au Texas, le cow-boy dégaine son colt, je peux vous garantir que vous serez champion du "dégainage" de porte monnaie. Cela y va. Tout est payant. Même si avec un budget moyen on s'en sort, je dois dire que cela finit par donner le tournis.
Je commence à rêver de pâquerettes, d'océan bleu, et de troc (il va falloir que je me raisonne, cela ne fait quand même qu'une semaine que suis arrivé).
Ah oui, j'oubliais deux petits détails : Il faut aller payer l'assurance de ma nouvelle voiture (j'espère qu'elle ne me réserve pas de mauvaises surprises), et en établir la carte grise.
Pour l'assurance, je n'ai pas trop le choix. Je me suis fait éconduire trois fois par des organismes qui n'acceptent que le permis Texan. Une seule compagnie veut bien de mon permis international, et encore pour une durée d'un mois (après il faudra l'US driving licence). Alors on y va : les renseignements avaient déjà été pris avant l'achat de ma voiture (pour en contrôler l'identité), il ne me presque plus qu'à devinez quoi : sortir la carte bleue. Et là, on me sort le prix sans complexe : 200 dollars d'inscription, et 100 dollars par mois pour une bête couverture au tiers (je vous fais grâce du prix "tout risque", nous sommes entre gens décents).
J'ai eu l'impression de me prendre un coup de bambou derrière la nuque. Aïe ! Je me retourne pour voir s'il y a un complice, mais ne vois qu'un sourire commercial de l'agent d'assurance qui….Reluque ma carte bleue avec un léger tremblement de la lèvre inférieure.
Là je me fais bien préciser les limites de ma couverture. Je repose plusieurs fois la même question, je demande confirmation, et au final je ne suis pas assuré pour grand chose. Après sept ou huit "Yes Sir" polis, je craque, je donne la carte. De toute façon dans ce pays encore plus qu'ailleurs, conduire sans assurance est une folie. N'y pensez même pas. Et il faut bien que je bouge ma voiture du parking où elle stationne…
La deuxième étape, pour être en règle, c'est d'aller s'enregistrer comme propriétaire. Il faut aller au bureau du Shérif (un garagiste m'a donné l'adresse). Je présente tous les papiers nécessaires (ancienne carte grise, preuve d'assurance, ID etc…) et remarque une augmentation significative de mon rythme cardiaque. En effet, si mon vendeur m'a roulé, je vais le savoir très bientôt… Tout ce passe très bien. On me demande treize dollars pour tout enregistrer (très bien). Je sors mes petits billets verts. La guichetière me regarde d'un air amusé. Elle tourne légèrement son écran d'ordinateur vers moi et me dit "THREE HUNDRED twenty two" !! J'avais mal compris. J'aurais voulu mal comprendre. Y en a marre de payer. J'ai envie de gueuler, mais comme ils ont tous des flingues, je préfère dégainer devinez quoi…la carte bleue. En rentrant chez moi, je m'arrête à un garage pour effectuer la "State Inspection". C'est l'équivalent du contrôle technique local, même s'il est beaucoup moins rigoureux que celui que nous connaissons en France. Cela vaut vingt dollars, et là encore j'appréhende un peu en laissant mes clés au garagiste : Si mon vendeur ne m'a pas roulé sur le plan administratif, il reste encore à vérifier sa bonne foi sur l'aspect mécanique.
Le garagiste vient me voir et me dit que ma voiture a échoué au test.
Je deviens vert.
Je demande ce qui ne va pas. Pas grand chose, me répond t-il, c'est juste le klaxon qui ne fonctionne pas (ah bon alors c'est un moindre mal). Oui mais : pas de klaxon, pas de "State inspection". Pas de voiture en règle, pas de permis texan. Pas de permis texan, pas d'assurance abordable…
Le problème est Cornélien. Il me faut un nouveau klaxon. Oui, mais pas aujourd'hui, j'en ai assez vu.
Je vais me coucher.
Visite chez le garagiste
Comme je vous l'avais déjà dit : Pas de klaxon, pas de contrôle technique.
Pas de contrôle technique, pas de permis américain.
Pas de permis américain, pas d'assurance abordable.
C'est le triple effet Kiss-Cool.
Cela m'énerve car j'aimerais mieux prendre du bon temps mais il faut bien y passer. Je vais essayer de le faire réparer par le concessionnaire de la marque. La voiture n'est plus sous garantie à cause de la mention "SALVAGE" sur la carte grise. Mais bon, cela ne coûte rien d'essayer. En route !
L'accueil est très professionnel. Tout le monde a vraiment l'air désolé que j'aie des ennuis avec ma voiture. Cela fait plaisir à voir. Je la leur laisse sur place et viendrai la récupérer demain. Un dossier est ouvert sur informatique, mais pour l'instant ils n'ont rien vu pour la garantie.
Sébastien, un collègue du boulot me ramène. Il me fait remarquer que je suis un peu gonflé, et que si cela marche, j'aurais bien de la chance. Lui il roule dans 4X4 pourri qu'il a payé le même prix que ma belle auto. Mais bon, au moins, il a un klaxon, et il ne se gène pas pour me le faire entendre…
Grosses réparations...
Le lendemain c'est la consternation.
Non seulement, la voiture n'était pas réparée (non, mais faut pas rêver). Mais en plus, le dealer m'apprend avec un air curieux que les roues arrières ne sont pas droites. NE SONT PAS DROITES ?! D'ailleurs, les pneus sont foutus à cause de ce problème… Je suis livide. Seb me regarde d'un air compatissant. J'envie son 4X4 pourri.
Nous réfléchissons à toute allure.
1- Je ne veux pas conduire une voiture dangereuse.
2- Pour m'ôter tous les doutes sur une voiture suspecte, seul le
concessionnaire agréé peut me garantir un diagnostic fiable de ce qui
cloche.
3- Je ne perds pas de vue que les garagistes texans ne sont pas tous
des premiers communiants. Seb me fait remarquer que le boulot du type en
face de moi est de me facturer de la prestation. Il n'a pas tort, d'autant
plus que je les ai déjà dérangés une journée sans rien payer.
Au vu de tout cela, je décide de faire examiner la voiture par le concessionnaire. Cela va me coûter 75 dollars juste pour avoir une idée du problème et du prix pour le résoudre (si cela est possible, de réparer). J'abandonne la suggestion du garagiste qui me conseille de prendre un avocat et de poursuivre le vendeur. Ben voyons. Cela fait trois semaines que je suis là, et je vais me lancer dans une bataille juridique.
J'en ai raz la casquette du Texas. Je rentre chez moi, et me couche.
Le frame shop
Le lendemain, j'arrive chez le concessionnaire pour la troisième fois. Il m'explique que ma voiture à été accidentée sur l'arrière et que le châssis à été abîmé. Une partie a été découpée et remplacée par une autre. Le problème vient du fait que l'ajustement a mal été effectué. Voilà pourquoi les roues ne sont pas droites.
Je m'en fous. Mes seules questions sont: Peut-il réparer? et combien?
Non.
Comment ça non ?
Non, il ne peut pas réparer.
Pas lui. Il faut que j'aille chez un "frame shop". Ce sont des garagistes spécialisés pour les problèmes de châssis (il me propose une adresse). Je paye mes 75 dolls pour le diagnostic, et m'en vais. Je ne suis plus très rassuré en conduisant cette voiture. Aujourd'hui c'est un mauvais jour.
C'est même un très mauvais jour.
Je viens de perdre mon portefeuille.
Aujourd'hui, j'ai repris le Judo. Cela se sent tout de suite, car je me suis fait broyer le genou par un chinois qui devait peser au moins 200 pounds (95 kilos). Mais, bon cela fait du bien de transpirer un peu, et puis cela détend.
Je voulais vous dire que j'avais réparé ma voiture ce WE. Rappelez-vous, on me l'avait vendue avec les roues arrières pas droites. A partir de 60 miles/h elle commençait à danser la samba…
J'ai pris mon temps car je voulais trouver un bon garagiste et honnête, de surcroît. C'est chose faite avec monsieur Cotton, 85 balais et toutes ses dents (enfin presque). Je suis allé dégoter ce garage au fin fond de la ville sur un conseil d'un autre garagiste que j'ai saoulé (de questions). Il ne paye pas mine, mais voir qu'il réparait les bus de ramassage scolaire était plutôt bon signe. Lorsque nous avons regardé sous la voiture, monsieur Cotton m'a paru deux fois plus ridé par la grimace qui déformait son visage. Ses mécanos aussi.
Je me doutais bien de ce qui c'était passé, mais j'attends leurs explications pour en avoir le cœur net.
- La voiture a été sévèrement accidentée sur le quart arrière gauche…
- OK.
- Alors pour la réparer bon marché, ils ont découpé le quart accidenté, et l'ont remplacé par un autre.
- Pardon ?
Monsieur Cotton me mime avec de grands gestes désolés : ILS ONT DECOUPES UN BOUT, ET PUIS ILS EN ONT SOUDE UN AUTRE.
Ca va, j'ai compris.
Ca craint.
Je viens de me prendre une belle baffe. La voiture n'est plus vendable, et je ne peux la conduire dans cet état. Je lance à monsieur Cotton mon regard le plus implorant, celui qui apitoierait un crocodile en grève de la faim.
- And it is possible to repair this fucking… car ?
- Everything is possible sir, it depends how much money you are willing to put on it.
Ben voyons, on revient toujours à la même question.
Alors là je pose les deux questions que je pose le plus souvent au Texas :
Combien ?
Et combien de temps ?
Concertation avec les mécanos, monsieur Cotton bouste le potentiomètre de son sonotone. VAS Y PEPE !
Les mécanos ont vraiment l'air de chercher une solution technique pour réparer ce châssis. Cela doit ressembler à un challenge pour eux, quelque chose que l'on doit accomplir dans sa carrière de mécanicien.
La réponse vient comme une délivrance : 350 dollars et une bonne journée de travail.
Il est évident que vu la tronche de la voiture, c'est cadeau.
Je viens d'assister à la Rédemption du Texas.
J'exprime toute à ma gratitude à ce bon monsieur Cotton (il faudrait qu'il mette un peu d'ordre dans son garage quand même). Ces gens m'aident, et cela fait chaud au cœur. Je suis heureux. Le mécano, un grand type taillé comme un buffet normand, me dit qu'il va bosser dessus comme un malade pour me rendre une voiture aussi sûre qu'une poussette.
Sympa Man.
Je suis revenu prendre ma voiture le lendemain. Il y avait deux beaux calendriers à l'intérieur en cadeau. Ils ont fait un boulot admirable. La voiture tient parfaitement la route. Pour m'en persuader j'ai claqué un 170 sur la Highway en lâchant le volant.
J'ai fait confiance au mécano.