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Acheter une voiture aux Etats-Unis: expérience d'un français

Tout d'abord, il faut trouver une voiture climatisée. Cela ne pose pas de problèmes car elles le sont pratiquement toutes. Il faut simplement s'assurer qu'elle fonctionne bien, car avec les 40 degrés à l'ombre annoncés tout l'été cet équipement n'est plus une question de confort.

Ensuite je veux acheter une voiture qui soit fiable (évidemment). Je n'ai aucune envie que le moteur me lâche sur la cinquième voie du Freeway. Sur ces routes, c'est un peu comme dans le film "Mad Max". La plus grosse voiture gagne la priorité, et celle qui tombe en panne peut perdre gros (Il n'a pas de voie d'arrêt d'urgence). En plus, je souhaite limiter les arrêts chez les garagistes (qui ne sont pas plus honnêtes que chez nous)… Il ne faut pas oublier que le véhicule va beaucoup rouler, d'autant plus si vous souhaitez voir du pays.

En fonction de vos besoins vous pouvez viser l'une de ces trois catégories :

Catégorie 1 : Entre 2000 et 3000 dollars, ont peut trouver une voiture "épave" (veille, état moyen, et kilométrage très élevé). Cela peut être une bonne affaire, mais mieux vaut s'y connaître en mécanique (ce qui n'est pas mon cas). Ce type d'achat conviendrait très bien pour des séjours de moyenne durée (de trois mois à un an).

Catégorie 2 : Entre 3000 et 6000 dollars on doit pouvoir trouver une auto fiable. Pas trop ancienne, avec un kilométrage raisonnable). C'est pour moi le meilleur compromis pour un séjour supérieur à un an. C'est bien sûr un investissement important au début, mais si en choisissant habilement son modèle et en évitant les accidents, alors on peut espérer récupérer une bonne partie de son capital, (voir la totalité), à la revente.

Catégorie 3 : A partir de 6000 dollars et plus, ont peut trouver une occasion pratiquement neuve. Dans ce cas pas de soucis : c'est plus cher mais sans risque. Si vous avez les moyens allez-y, parce que le la voiture ici : c'est la vie !

Je vise la catégorie deux. Enfin, plus exactement, je vise même une catégorie trois au prix d'une catégorie deux. Sait-on jamais… On peut rêver, non ?

Maintenant que vous connaissez votre budget, il reste à savoir où le dépenser. Pour cela, vous avez deux solutions. Ou vous achetez à un particulier, ou vous allez chez un car dealer. Moi je vous conseille de prendre cela un peu comme un jeu :

Si vous allez chez un car dealer, vous trouverez une voiture qui vous plaira sûrement, mais vous la payerez à coup sûr très cher. Les vendeurs de voitures au Texas sont les meilleurs du monde. Leurs concessions présentent plusieurs centaines, voir milliers de véhicules, et ils ne vous lâcheront pas.

Si vous achetez votre voiture à un particulier, c'est beaucoup plus risqué, mais c'est aussi un bon moyen de faire une affaire. Vous pouvez essayer les petites annonces, ou les connaissances... Attention, car on peut vous refiler tout et n'importe quoi. Il faut rester vigilant et prendre certaines précautions.

Je disais de prendre cela comme un jeu, car je crois qu'il faut tenter la bonne affaire. De toute façon, si cela ne fonctionne pas, l'on pourra toujours passer par la case "Car Dealer", et résoudre le problème immédiatement… Je veux tenter le coup, j'ai deux pistes : Un collègue qui vend sa voiture, et la page petites annonces du canard local.

Pour le collègue, je trouve le deal trop cher. Il est clair qu'il sait que je n'ai pas le choix, et qu'il me faut une voiture avant demain…

J'épluche donc les petites annonces. Il y en des centaines, et j'en sélectionne rapidement rien qu'en regardant les prix (je vous assure que cela restreint la liste très vite). Après vingt minutes, j'en garde une (de toute façon, je n'ai pas le temps d'aller essayer plusieurs voitures). Je vais appeler le gars, et si cela ne marche pas, j'irai chez le car dealer (mais au moins j'aurais tenté ma chance)….

 

Choisir une voiture  
 
L'affaire paraît trop belle : Une Chrysler Neon de 1999 avec 14 000 miles. Moteur 2 litres 16 soupapes, CD, toit ouvrant… (j'ai pitié de vous, alors je passe les détails techniques). Pour moi qui roulais en Renault onze "Brodway", c'est inespéré. Le prix de vente n'est que de 5800 dollars, alors que la cotation de l'argus (consulté sur Internet) en affiche 11000. Pas besoin de sortir de polytechnique pour se dire qu'il y a quelque chose qui cloche… J'essaye de cuisiner comme je peux mon interlocuteur au téléphone, mais le vocabulaire et la facilité d'expression en anglais me font défaut pour être efficace. Nous prenons donc rendez-vous, pour l'après midi. Un collègue sympa, et féru de mécanique, accepte gentiment de m'accompagner.

Les Etats Unis sont un pays où l'on vous fait vraiment confiance pour un certain nombre de choses. C'est une sensation parfois surprenante pour un Français, mais c'est vraiment agréable. Le propriétaire me donne les clés de sa voiture, et me laisse partir avec pour l'essayer (sans même me demander si j'ai mon permis…). Xavier, le mécano, l'inspecte. Pour lui, même si la mécanique est impeccable, il est clair que cette voiture à été accidentée. La porte arrière droite a été remplacée, mais le reste du châssis ne semble pas avoir souffert. Au final, cela n'a rien de préoccupant.

Je retourne voir le propriétaire et lui demande de me présenter la carte grise (le Title). C'est très important de bien observer ce document. Il vous permet de vérifier l'identité du propriétaire, et si la voiture a fait l'objet d'importantes réparations. Dans ce cas vous lirez des mentions du type "REBUILT", "SALVAGE" etc… C'est le cas pour ma Neon, ce qui confirme les observations de Xavier.

Elle me plait bien cette voiture. Je me dis que toute façon, pour le même prix j'aurais une bouse chez le car dealer (mais avec une garantie de trois jours!!).

On passe à la phase de négociation. En fonction des nouveaux éléments, on se met d'accord pour un prix de 5000 dollars (cela prend quand même dix minutes). A ce prix la, c'est vraiment une bonne affaire, mais je prends un risque. Celui de devoir éventuellement payer des réparations en supplément (a prévoir dans le budget). Je vérifie l'identité du vendeur avec les mentions de la carte grise, et l'on se donne rendez-vous le lendemain midi pour procéder à la transaction.

Pourquoi demain !? Car aujourd'hui, je n'ai pas le moindre dollar à lui donner. Mon compte bancaire aux USA est vide, et le transfert que j'ai demandé (le virement Swift est ce qui l'y a de plus rapide), n'arrivera que dans quelques jours. Je demande donc a mon employeur une avance (qu'il accepte gentiment), avant de la convertir en cash au guichet de ma banque… Maintenant, j'ai des dollars pleins les poches et ne suis qu'à moitié à l'aise.
 

Payer sa voiture  
 
Après avoir pensé à cette auto toute la nuit, je retrouve mon vendeur et lui demande de m'accompagner chez un assureur qui veuille bien de mon permis international (ce qui ne court pas les rues). En effet, ce dernier a les moyens de contrôler que tous les aspects juridiques de la voiture sont bien en règle (qu'elle ne soit pas volée, qu'elle puisse juridiquement rouler etc.…). Je vous conseille de prendre cette précaution, et même si votre vendeur n'est pas trop chaud, c'est un bon moyen pour vous d'éliminer certains risques. Si l'on vous vend une voiture qui n'est pas assurable, vous aurez tout perdu.

Une fois ce détail réglé, il me reste à payer ce monsieur. Nous remplissons une feuille officialisant la transaction, et complétons le verso du "Title" (c'est la carte grise de la voiture). Ces étapes sont décisives. Si vous ne faites pas confiance a votre vendeur, je vous conseille vivement de vous faire assister par un anglophone les ayant déjà vécues. C'est essentiel, car s'il manque des informations, vous ne pourrez pas enregistrer la voiture à votre nom…

Enfin, je sors les dollars. 5 000 dollars en billet de 20 (la banque n'avait pas de grosses coupures)… La scène paraît tout droit sortie d'un film de série B. Le type recompte ses sous, en faisant des petits tas de dix. Il y a une montagne de billets sur la table. Son fils (il avait emmené son petit garçon de deux ans) courait autour de la table en braillant.

Et là, je regarde passivement cette scène, je ferme à demi les yeux, et me dis : Ca y est mon vieux : "Welcome in Texas". 

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